Chronique d’une rencontre avec Amélie Nothomb

Le 28 janvier dernier, c’est devant une salle comble qu’Amélie Nothomb a partagé ses « chemins de l’écriture » avec le public fribourgeois, convié pour l’occasion par l’Alliance française et la Bibliothèque de la Ville de Fribourg. Les nombreux auditeurs ont été charmés, tant par l’accessibilité du personnage, que par sa vivacité, son humour… et sa patience lors de la séance de dédicaces! La conférence, amorcée sous l’angle d’un dialogue avec ses lecteurs, a été l’occasion pour Madame Nothomb d’évoquer ses débuts en tant qu’écrivain, ses rituels d’écriture, sa relation au Japon, ses liens avec son éditeur Albin Michel, ou encore ses sources d’inspiration. En voici quelques éléments.

Amélie Nothomb lors de la séance de dédicaces à la Bibliothèque de la Ville de Fribourg.

« Chez les Nothomb, l’écriture est une religion… »

Et les écrivains (presque) des Dieux. Faire partie de ce panthéon semblait tout-à-faire improbable à Amélie Nothomb, et cela depuis sa tendre enfance! Pourtant, et suite à la lecture des Lettres à un jeune poète de Rilke, l’écriture s’est très vite avérée être un besoin vital pour la jeune femme. Totalement persuadée que ses écrits étaient dénués de valeur, c’est dans le plus grand secret qu’elle a commencé à écrire des romans.

« Le Japon est un amour impossible, et c’est sans doute pour cela que c’est mon plus grand amour. »

Sa seule ambition de jeunesse? « Devenir japonaise », et y retrouver son enfance perdue. C’est ainsi que, âgée d’une vingtaine d’année, elle s’achète un aller simple pour ce pays tant adoré. Or, il est quasi impossible pour une Européenne que d’obtenir la nationalité nippone. Exténuée par le travail de « dame-pipi » qu’elle y exerce – ce sera pourtant une expérience fondatrice -, elle revient en Belgique, résignée et découragée.

C’est là, qu’elle décide de tenter sa chance auprès d’éditeurs français avec un manuscrit, « Hygiène de l’assassin », refusé d’abord par Gallimard, puis accepté par Albin Michel. Accueilli élogieusement par la critique, ce premier roman paru en 1992 ne permet pas tout de suite à Madame Nothomb d’être reconnue comme une écrivain à part entière. Dans l’élitisme du Paris littéraire, beaucoup jugent impossible qu’une telle œuvre soit le fait d’une si jeune demoiselle, belge de surcroît.

« J’écris entièrement dans ma tête avant d’écrire sur le papier. »

L’écriture est une frénésie, un besoin vital. Chaque matin, sans exception, elle écrit de 4h à 8h, après avoir bu 1/2 litre de thé – ce qui la met dans un « état de conscience particulier »-, et emmitouflée dans un « pyjama anti-nucléaire japonais » . Alors que seuls 24 romans ont jusqu’alors été publiés, ce sont 81 manuscrits auxquels elle a donné naissance. « Je ne m’arrête jamais », confie-t-elle, « je ne passe jamais 24h sans écrire ». « Ne plus écrire? ce serait juste abominable ». En une année, elle écrit entre trois et quatre manuscrits puis, toujours à la même période, à la fin de l’hiver, elle se demande si l’un de ses textes mérite d’être publié. Le principal critère de ce choix est que le texte doit lui donner l’impression de s’adresser à quelqu’un d’autre qu’à elle-même.

« Écrire des romans est une façon incroyable de devenir quelqu’un d’autre. »

Quant à ses inspirations, elles sont multiples: Henry de Montherlant, Balzac, Stendhal, le Don Quichotte de Cervantès ou encore La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette. Ce sont toujours des livres « atroces » qui lui ont permis d’avancer. L’essentiel pour elle: la beauté intarissable qui se dégage de ces œuvres littéraires.

Merci, Madame Nothomb, pour cet agréable moment en votre compagnie!

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